Archive pour novembre, 2006

Dépannage de téléphones portables : LES MALIENS FONT LEUR TROU

De plus en plus de jeunes maliens se lancent dans ce secteur longtemps dominé par les étrangers

Mercredi 13 novembre. Il est 10 heures. Nous sommes dans l’atelier du jeune réparateur de téléphone, Boubacar Konaté dit Bross. Quelques minutes après notre arrivée, une jeune fille se présente avec son téléphone portable. “Bross, dit-elle, met mon téléphone en français”. Le jeune homme saisit l’appareil. Après quelques tentatives, il consulte son “patron” un Burkinabé nommé Boubacar Sow. Ce dernier tente aussi, sans succès. Le patron explique à la jeune fille que son portable ne contient pas le logiciel en français.
Depuis quatre ans, Boubacar Konaté est devenu un réparateur de portables de renom. Du haut de ses 25 ans, rien ne prédestinait pourtant le jeune “Bross” à l’électronique. Lui qui a abandonné volontairement les bancs, avec l’avènement du téléphone mobile pour se consacrer à la vente de pochettes, d’accessoires et autres consommables.
C’est dans ce petit métier qu’il fit la connaissance d’un certain Mohamed Sow, un autre Burkinabé qui excellait dans la réparation des portables. Très vite, un climat de confiance s’instaure entre les deux garçons. Par finir, ils devinrent de vrais complices. Profitant de cette situation, le jeune Boubacar réussi à comprendre beaucoup de choses sur le téléphone portable.
Lorsque son copain Mohamed entreprit de créer une sorte de GIE qui devait regrouper des réparateurs, Boubacar décide de faire cavalier seul et s’installe à son propre compte. Depuis, les choses marchent bien pour lui.
De nos jours, l’homme est parmi les réparateurs de téléphones les plus connus de la capitale. “C’est un métier qui m’a beaucoup rapporté. Avec l’argent que je gagne, je me suis marié et j’ai acheté deux parcelles de terrain. J’ai fini de construire ma maison sur l’une”, nous révèle notre interlocuteur qui affirme vivre bien de son métier.
Comme beaucoup de dépanneurs de téléphones portables, il appelle de ses voeux l’ouverture d’un centre de formation qui lui permettra d’approfondir ses connaissances et d’être mieux apte à satisfaire la clientèle.
Bouna Séméga est un autre jeune qui a trouvé son compte dans le métier. Âgé de 37 ans, Bouna est un ancien expatrié qui, depuis quatre ans, est à la tête d’un groupe d’une dizaine de jeunes que lui-même à former à réparer les téléphones portables.
C’est vers 2000 que Bouna est rentré au pays après plusieurs années à l’extérieur sans trouver son chemin. Son arrivée a coïncidé avec l’avènement du GSM dans notre pays. Bouna profite de sa petite expérience en informatique pour se lancer dans le dépannage des téléphones mobiles. Le boulot lui réussit et il devient l’un des premiers réparateurs maliens à s’installer devant les locaux de Malitel. “Quand j’arrivais, les Ivoiriens et les Burkinabés étaient les seuls maîtres sur le marché. Mais au fil du temps avec d’autres jeunes, je me suis battu pour apprendre et aujourd’hui ça marche bien”, se félicite notre interlocuteur qui jure de ne plus quitter son pays. “J’ai trouvé dans mon pays un travail décent qui me permet de bien vivre”, nous confie notre interlocuteur.
Aujourd’hui, Bouna a développé un réseau de partenariat avec les grandes firmes internationales qui lui facilitent son travail. Il dispose d’un ordinateur connecté 24 heures sur 24 à Internet à partir duquel il saisit les firmes selon la marque de portable. “Je suis à tout moment en communication avec les firmes pour avoir le code de décodage de tel ou tel portable”, indique Bouna.
Selon lui, la première cause des pannes de portables dans notre pays est la perte de réseau ou le codage. Si la première cause est due aux facteurs telles les chutes de portables et autres, la seconde est surtout observée sur les portables utilisés en Europe. Ces appareils sont en effet codés par les opérateurs de GMS qui opèrent dans ces pays.
Pour décoder, Bouna envoie les renseignements de l’appareil à la firme qui lui envoie à son tour un code contre le paiement de 20 euros soit 12.000 Fcfa par code envoyé.
En plus de son travail, Bouna a réuni autour de lui un groupe de jeunes qu’il a formé et qu’il aide dans le métier. “Chacun travail pour son compte. Mais ce qui nous intéresse est l’échange d’expérience que nous faisons dans le groupe”, indique-t-il en souhaitant lui aussi l’ouverture d’un centre de formation afin de mieux former les jeunes. “Le secteur du GSM peut donner de l’emploi à beaucoup de jeunes si les autorités y prêtent une attention”, indique Bouna qui souhaite la création d’une organisation afin d’assainir la profession.
Abdoulaye Fofana est lui aussi un jeune dépanneur de téléphone portable. Un métier qu’il appris aux côtés d’un jeune Ivoirien du nom de Famory Doumbia. Âgé de 25 ans, Abdoulaye Fofana était tout d’abord un dépanneur de téléviseurs et de radios. Ce métier lui a permis d’avoir une grande expérience dans l’électronique.
C’est vers 2001 qu’il fit la connaissance de Famory qui faisait seulement le décodage et le flashage des portables. Profitant se son expérience dans la soudure, Abdoulaye approcha Famory qui, au fil du temps, devient l’un de ses meilleurs compagnons. C’est ainsi que petit à petit, Abdoulaye acquis une connaissance dans le dépannage à côté de son ami qui lui ouvrit son coeur.
Aujourd’hui, le jeune Abdoulaye travaille à son propre compte. Il se fait assister par un autre ami nommé Alou Siminta devenu son meilleur complice. Les deux jeunes hommes ont ouvert un atelier et ne manquent pas de clients. “C’est un métier très rentable. Nous voulons montrer aux autres jeunes qu’on n’a pas besoin d’aller en Europe pour se faire de l’argent”, soutient Abdoulaye qui, avec l’argent qu’il gagne, vient d’acheter une voiture de même que son ami Alou.
Abdoulaye et Alou voient plus grand. Ils envisagent dans le futur de transformer leur atelier en une grande clinique pour portable et d’investir dans d’autre secteur du GMS. Ils adhèrent à l’idée de création d’un centre de formation et de perfectionnement afin d’assainir la profession.
Be COULIBALY

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Les webmasters : CES MAÎTRES DE L’INTERNET

Ils conçoivent, construisent et mettent régulièrement à jour les sites Web. Leur travail requiert la maîtrise des logiciels de construction de sites Internet.

En plus de la commodité dans le travail, les technologies de l’information et de la communication (TIC) ont aussi permis l’émergence de certains de métiers, contribuant ainsi à la lutte contre le chômage. Le métier de webmaster est de nos jours l’un des plus importants de ces nouvelles professions qui se vendent bien sur le marché de l’emploi.
Appelé chef de projet du système multimédia et Internet, le webmaster est un maillon important de la chaîne de vulgarisation de la Toile mondiale. Selon les spécialistes, le webmaster se définit étymologiquement comme “le maître du Web”. Il est chargé de la création de documents consultables sur Internet. Ces documents contiennent des textes, des images animées ou pas. Créateur de site, le webmaster est aussi celui qui est chargé de son entretien.
Siriman Keïta est un jeune webmaster. Âgé de 29 ans, ce diplômé de physique entretien depuis 2001 le site www.ml.refer.org du Campus numérique francophone de Bamako. Sur ce site, Siriman est chargé de la mise à jour à travers les informations universitaires ou venant des partenaires de l’université. En plus de ce travail, il dispense des cours de formation à l’attention des étudiants ou des personnes intéressées par le métier de webmaster. “C’est un métier très passionnant et tout se passe bien. Je gagne bien ma vie”, nous a t-il confié, expliquant qu’il existe deux sortes de sites : les sites statiques et les sites dynamiques.
Les sites dynamiques sont ceux dont les informations sont régulièrement mises à jour en fonction des activités de l’entreprise, indique notre interlocuteur. “Sur un site dynamique l’information peut changer à la minute”, révèle-t-il en ajoutant que l’avantage de ce type de site est qu’à travers un code ou une facilité tout le monde peut mettre des informations sans passer par le webmaster contrairement au site statique.
Pour Siriman, l’entretien d’un site requiert une qualification. “Un site doit être entretenu par un professionnel car c’est l’image de l’entreprise qui est vendu à travers cette vitrine”, a-t-il souligné. A son avis, le travail du webmaster ne doit pas se limiter seulement à créer ou à animer un site, mais il doit plutôt être un véritable projet tendant à satisfaire la demande de la clientèle.
Éric Stevance est webmaster aussi. Il est à la tête d’une équipe qui entretient plus d’une dizaine de sites. www.musow.com, www.afribone.net.ml ou encore www.ariane-ml.org font partie des sites de son portefeuille. Pour lui, le métier de webmaster exige un travail en équipe afin d’atteindre l’objectif recherché. “Le webmaster est un ensemble de personnes qui collectent, adaptent les éléments d’un site afin de le rendre digestes par le public”, indique notre interlocuteur pour qui la création et l’animation d’un site exige aussi un travail technique. Pour son collègue Mme Aïda Diallo, la création et l’animation d’un site doivent être faites par une personne qualifiée. Car le webmaster est responsable des informations mises sur Internet et est donc celui qui vend l’image de l’entreprise sur la Toile mondiale, fait-elle remarqué.
Le webmaster peut travailler soit sur des logiciels libres ou un logiciel approprié créé par lui-même. Dans l’un ou l’autre des cas, il doit avoir une maîtrise de l’outil et respecter la réglementation en la matière
Selon Aïda, de nos jours, l’une des contraintes majeures de la profession, c’est le débat sur la responsabilité du webmaster dans la mise en ligne des informations. En effet, un webmaster peut être poursuivi pour avoir par exemple mis sur son site une information d’un journal sans autorisation, a-t-elle expliqué.
Au Mali les webmasters ne sont bien connus en dépit des pas de géant dans le domaine des TIC. “Autant le webmaster est important pour une bonne communication de l’entreprise autant il est mal connu dans notre pays”, reconnaît notre interlocutrice qui pense que la profession peut contribuer à vulgariser l’Internet.
Enseignant de Biologie à l’IPR, Bakary Sagara est un webmaster qui a embrassé la profession à cause de sa passion pour les TIC. “C’est pas mon gagne-pain. Je le fais par passion”. En revanche, pour Diarra Diakité, c’est à la fois une passion et un gagne-pain. Il est chargé d’animer le site de la présidence de la République. A la cellule de communication de la présidence, Diarra est le matou tapi derrière le site “www.koulouba.pr.ml. Son travail consiste à collecter, à traiter et diffuser les informations de la présidence sur ce site web. En plus de l’information, Diarra Diakité a développé son site une stratégie communication qui lui permet de mettre à la disposition du public des images photos. “C’est un travail passionnant, mais aussi contraignant à cause du flux des informations”, indique notre interlocuteur qui est chargé de recevoir toutes les informations envoyées à la présidence de la République sur l’adresse “presidence@koulouba.pr.ml”.
Be COULIBALY

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LE TEMPS DE L’ADMINISTRATION MODERNE

Le projet intégrera au sein d’un réseau l’ensemble des services publics internes et décentralisés

Jour après jour, les nouvelles technologies de l’information et de la communication gagnent du terrain dans notre pays. Cet engouement est lié au flux intarissable d’informations et de connaissances qui nous arrive du monde entier.
Les NTIC nous offrent la commodité dans le travail. Elles sont devenues un instrument indispensable pour accélérer le développement de nos pays. Tel est l’esprit qui sous-tend le projet Intranet de l’administration malienne. L’Intranet par opposition à Internet est un réseau privé dans lequel les informations ne sont accessibles qu’à une catégorie d’utilisateurs. Contrairement à Internet, le réseau mondial dans lequel l’information est utilisable par tous, l’Intranet de l’administration est le réseau privé de l’administration qui en est l’unique utilisatrice.
Initié dans le but de moderniser l’administration, le projet Intranet s’inscrit dans le cadre de la politique et du plan d’action stratégique nationale des technologies de l’information et de la communication. Il vise à intégrer au sein d’un réseau l’ensemble des services publics internes et décentralisés de l’État.
Son objectif, outre la modernisation des services publics, est d’assurer l’efficacité et la rapidité dans le travail et d’augmenter la productivité de l’administration. Ce programme prévoit la création d’adresses électroniques et de sites web pour les services publics, a expliqué, Sidaly Moulaye Haïdara, le directeur général de l’Agence des technologies de l’information et de la communication (Agetic), la structure chargée de la mise en oeuvre du projet.
Selon le directeur de l’Agetic, la modernisation des services de l’administration à travers Intranet assurera la transparence, la bonne circulation de l’information publique. Cette fluidité concourt en grande partie à ancrer la bonne gouvernance. Dans la même logique Intranet permettra aux citoyens d’accéder facilement à l’information publique, a t-il indiqué.
En effet, “à travers Intranet, l’administration sera doter d’un outil performant qui permettra l’échange d’information en temps réel. Il crée les meilleures conditions pour constituer des bases de données fiables et pour archiver les documents sous format numérique” a indiqué notre interlocuteur. L’expert ajoute que la réalisation de ces objectifs va avoir une influence positive sur la baisse des coups des services de l’administration.
C’est en 2004 que La mise en oeuvre du projet Intranet à commencé en 2004. A cette date a été installée une station de base sur laquelle certains ministères et leurs services ont déjà été connectés par la liaison boucle locale radio (BLR). Le projet sera réalisé en plusieurs phases. Les phases I et II ont été exécutées en 2004, tandis que la phase III qui s’étend sur la période 2005-2008 est en cours d’exécution. Elle concerne la connexion de 17 ministères, de 3 directions centrales et de 3 directions déconcentrées par ministère. Le coût des trois premières phases est estimé à 7,8 milliards de F cfa.
De nos jours, plus d’une dizaine de départements ministériels parmi lesquels la Primature, les ministères de l’Équipement et des Transports, des Domaines et de l’État et des Affaires foncières, ont reçu l’équipement. Ils attendent l’opérationnalisation du réseau à partir d’antennes réceptrices installées dans chaque département. Toujours dans le cadre de la réalisation de Intranet de l’administration l’Agetic a construit un cyberespace équipé de 70 ordinateurs connectés à la toile mondiale.
Ce potentiel logistique a permis de former 300 agents en vue de doter l’administration de ressources humaines qualifiées qui maîtrisent l’outil informatique. Ce renforcement des capacités, va à titre d’exemple, améliorer les conditions de travail au sein des départements de l’Équipement et des Transports. Ils ont déjà reçu l’antenne réceptrice. Les appareils nécessaires au bon fonctionnement du réseau sont en place. “Nous avons reçu les équipements et nous attendons que le réseau soit opérationnelle”, nous a confirmé Nouhoum Koné, chargé de communication.
Au ministère des domaines de l’État et des affaires foncières et de la défense et des anciens combattants les agents auront bientôt accès au réseau. Il va réduire le temps de la procédure de transfert des dossiers. Il donnera plus de visibilité au travail de l’administration” soutient Denis Thera, chargé de communication au département des domaines de l’État et des Affaires foncières. L’Intranet va apporter un autre avantage à l’administration. Il réalisera des phonettes communément appelées interphones entre les départements pour réduire la facture de la communication téléphonique de l’État. Le vidéonet, le télétravail et les vidéoconférences seront aussi offerts aux agents de l’administration.
Au fur et mesure de l’exécution du projet, un système de sécurité sera mis en place avec l’aide des agents de l’administration pour respecter la confidentialité des informations non ouvertes au public, a indiqué le responsable des infrastructures et développement de l’Agetic, Mohamed Boncana. En attendant cette étape, la priorité est accordée à l’opérationnalisation du projet. Malheureusement il connaît des difficultés liées au manque d’intérêt de certains agents de l’administration à l’égard du projet. “Pendant les formations, au lieu des cadres certains ministères nous ont envoyé des secrétaires” a dénoncé Sidaly Moulaye Haïdara. Il a aussi fustigé la complexité et la lenteur des procédures de l’administration qui freinent le travail de l’Agetic. “Souvent il nous faut six mois pour installer une antenne réceptrice dans certains départements” a déploré notre interlocuteur.
Be COULIBALY

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Internet dans les communes : RÉDUIRE LA FRACTURE NUMÉRIQUE INTERNE

Des localités reculées bénéficient de la connexion, leur permettant de s’ouvrir au reste du pays et au monde entier

Les nouvelles technologies de l’information et de la communication sont devenues un élément incontournable dans la marche du monde. Jour après jour, elles gagnent du terrain grâce au flux intarissable d’informations et de connaissances qu’elles véhiculent sur tous les domaines de la vie sociale. Elles nous offrent la commodité dans le travail, à travers Internet et autres, à telle enseigne qu’on ne peut plus imaginer un monde sans elles.
Dans les pays pauvres comme le nôtre, les nouvelles technologies de l’information et de la communication sont perçues comme un accélérateur de développement. Elles ouvrent notre pays au monde et constituent aussi un instrument de lutte contre la pauvreté. Raison pour laquelle la politique nationale et le plan stratégique national des TIC qui vient d’être restitués, accordent une attention particulière à la popularisation de leur accès.
Cette vision est largement partagée par les partenaires de notre pays comme l’USAID qui, il y a trois ans, a initié le projet Centres locaux d’information et de communication (Clic).
Le projet Clic dont la mise en oeuvre est confiée à Afriklinks a pour objectif de mettre à disposition des communautés maliennes mal desservies des points d’accès aux technologies. Cela pour leur permettre d’améliorer leur cadre de vie à travers les informations relatives à tous les secteurs de développement. Il s’agit notamment de la santé, de l’éducation, de la gouvernance démocratique, de la croissance économique durable et de la communication pour le développement.

13 localités connectées. À l’issue de la première phase du projet qui a porté sur la période 2003-2005, 13 localités de notre pays ont été dotées de centres locaux d’information et de communication qui constituent de véritables centres multimédias. Les localités concernés sont Kadiolo, Bougouni, Ouélessébougou, Safe Bougoula, Bamako, Kangaba, Ségou, Macina, Djenné, Mopti, Badiangara, Gao et Kidal.
Chaque centre dispose, en plus des ordinateurs et des imprimantes, un kit vidéo équipé magnétoscope et d’un lecteur DV pour faire visionner les contenus, explique Mme Fofana Aminata Maïga, coordinatrice de Afriklinks. Aussi pour répondre aux besoins des populations, tous les centres ont été équipés de photocopieuses et de logiciels qui leur permettent de faire des cartes de visite, de mariage, de voeux, d’identité scolaire, ainsi que d’autres documents tels les dépliants, les calendriers et autres, nous précise Mme Fofana, expliquant que l’installation et l’équipement de ces centres a été entièrement prise en charge par l’USAID.
Ces centres locaux d’information et de communication offrent l’occasion aux populations locales des possibilités de se former en informatique, d’avoir accès à l’Internet pour des besoins de recherche ou de rester en contact avec leurs correspondants.
Pour assurer la pérennité des centres, ils sont gérés par des comités consultatifs qui ont été installés dans toutes les localités. Ces comités consultatifs supervisent les gestionnaires quotidiens des centres qui, avec le retrait de l’USAID de la subvention, sont payés à partir des recettes générées par le centre.
C’est le cas du centre de Djenné que nous avons visité. Depuis deux ans, ce centre est l’unique qui fonctionne dans la ville. À notre passage aux environs de 22 heures, touristes et autochtones se bousculaient autour de la dizaine de machines. Ici, une heure de connexion vaut 1500 Fcfa. Le centre fournit aussi d’autres services comme la photocopie, la formation et bien d’autres services.
Aleïda Thiocary, le secrétaire général de la commune rurale de Niansanarie est l’une des personnes que nous avons trouvées sur place. Pour lui, le centre local d’information et de communication de Djenné joue un rôle important dans le cercle. “Le centre nous facilite la saisie des documents aussi bien dans le montage des projets que dans d’autres services. C’est vraiment merveilleux”, s’est réjoui notre interlocuteur qui a souhaité l’extension de la salle et la multiplication des machines pour éviter les longues files d’attente.

Contacts avec le monde extérieur. Mamadou Sidibé est membre du conseil de cercle de Djenné et un fidèle utilisateur de l’Internet. “Ce centre m’a permis de renforcer mes connaissances et d’être en contacts avec le monde extérieur. À partir de ce centre, je contacte mes amis à l’étranger. Il m’a facilité le travail et je souhaite qu’il y ait plus d’ordinateurs afin que le centre puisse répondre à nos besoins”, a-t-il souhaité. Pour permettre aux enfants d’accéder aux TIC, le centre a ouvert un espace pour eux, nous a indiqué le gérant.
Cependant tout n’est pas rose dans ce centre comme dans beaucoup d’autres depuis que l’USAID a suspendu sa subvention. “Depuis près de deux ans, c’est les recettes du centre qui assurent la prise en charge des dépenses. Ce n’est pas facile car la connexion coûte très cher. Nous devons payer 220.000 Fcfa par mois pour la connexion sans compter les factures du téléphone et de l’électricité, les salaires, la maintenance et la réparation des machines qui tombent en panne”, explique Levy Dougnon, président du comité consultatif du centre local d’information de Djenné.
Le centre local d’information et de communication de Daoudagougou en commune VI est parmi les points Internet les plus fréquentés du quartier. À notre passage dans ce centre la dizaine de machines étaient toutes occupées. “Nous sommes très contents de la création de ce centre qui au delà de l’accès à Internet offre des programmes de formation”, se réjouit un élève.
Le projet Clic constitue un appoint aux efforts du gouvernement qui a entrepris, à travers le ministère de la Communication et des Nouvelles Technologies, un vaste projet visant la connexion des 703 communes de notre pays en plusieurs phases. Ce projet vise à connecter les communes les communes en augmentant les points d’accès à l’Internet à vulgariser les technologies de l’information et de la communication dans les communes. Ces efforts contribueront à réduire la fracture numérique interne du pays et à favoriser l’accès universel. Ouélessébougou, Kati et la commune VI de Bamako ont bénéficié de la mise en oeuvre d’un projet test de connexion réalisé en 2004 avec l’assistance financière de l’Union internationale des télécommunications (UIT). L’Association des municipalités du Mali (AMM) a équipé les capitales régionales et cinq cercles dans le cadre de son projet de création des centres de ressources pour l’information et la communication dans les communes.
Be COULIBALY

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Internet à l’école : L’ENSEIGNEMENT AU DIAPASON DU NUMÉRIQUE

  

Une salle équipée de matériels informatiques, des élèves pianotant sur les claviers des ordinateurs dans une atmosphère studieuse… ce décor est aujourd’hui habituel dans nombre de nos établissements scolaires et universitaires

“L’Internet est une révolution dans une révolution. Il nous a facilité le travail et le niveau des élèves s’est nettement amélioré.” C’est ainsi que Issiaka Bamian, professeur au lycée Fily Dabo Sissoko résume les avantages apportés par les TIC dans l’enseignement. Ce n’est pas un hasard si les hautes autorités ont inscrit l’éducation parmi les priorités de la vulgarisation des TIC dans notre pays. La politique nationale et le plan stratégique national des technologies de l’information et de la communication envisagent de former les ressources humaines afin de permettre l’intégration des TIC dans les programmes de l’éducation formelle et non formelle ainsi que celle de l’administration scolaire et de la recherche scientifique. L’autre objectif recherché est d’assurer l’emploi et la compétitivité des ressources humaines dans le domaines de TIC.

Une salle équipée de matériels informatiques, des élèves pianotant sur les claviers des ordinateurs dans une atmosphère studieuse… ce décor habituel dans nombre de nos lycées et même dans les établissements du primaire. Au lycée Fily Dabo Sissoko, la salle informatique est située en plein centre de l’établissement. Construite en 2005 dans le cadre du projet “Internet à l’école” du ministère de l’Éducation nationale, elle accueille, tous les jours, des élèves et des enseignants désireux de bénéficier des avantages de
la Toile mondiale. “Nous sommes vraiment contents de l’installation de ce centre qui nous a permis d’être en phase avec les réalités du monde”, témoigne un élève qui se réjouit du fait qu’il n’a plus besoin d’aller fouiller dans les vieux livres pour des recherches. Ici, les élèves reçoivent aussi des formations en informatique. Le seul problème au niveau de cet établissement est la lenteur de la connexion. « Il faut attendre plusieurs minutes pour avoir la connexion » explique notre interlocuteur qui souhaite une connexion à haut débit plus rapide. 

Issiaka Bamian salue la “grande révolution dans les méthodes d’enseignement et les facilités dans la recherche pour la préparation des leçons”. “Les TIC ont permis aux enseignants de se former d’avantage et d’améliorer la qualité de l’enseignement”, ajoute cet enseignant qui était en train de préparer une leçon sur un poème de Guillaume Appollinaire. Comme tous les utilisateurs, il demande l’agrandissement du centre qui est équipé actuellement d’une vingtaine d’ordinateurs pour plus de 2500 élèves.

« L’Internet est le bienvenu au sein de l’école. Car il nous permet d’initier dès la base les élèves qui veulent continuer des études supérieures ou faire carrière dans l’informatique » indique Bréhima Djiré, un autre enseignant du lycée Fily Dabo Sissoko.

Au-delà de la recherche. Au lycée Mamadou Sarr, le proviseur Alou Diarra ambitionne d’aller au-delà de la simple recherche dans l’utilisation des TIC. “Notre ambition est d’utiliser les technologies de l’information à des fins pédagogiques. C’est-à-dire utiliser le matériel de pointe pour dispenser les cours. Nous avons adressé au ministère de tutelle un projet d’équipements dans ce sens”, explique-t-il. Son établissement vient de recevoir dans le cadre du projet “École du Nepad” une trentaine d’ordinateurs avec le matériel de connexion. “Ce matériel a été fourni par les Sud-africains”, révèle-t-il, ajoutant qu’il entend poursuivre les discussions avec les Sud-africains pour qu’ils aident à acquérir l’équipement pour un studio de recherche et d’expérimentation pédagogique. “Nous avons besoin d’appareils photonumériques, d’imprimantes, de scanners, de webcams, de graveurs de CD-Rom, de rétroprojecteurs”, détaille Alou Diarra qui pense que ces équipements sont indispensables pour que l’enseignement dans nos écoles se mette au diapason de l’évolution technologique. “Si nous ne faisons pas ça, nos élèves seront désorientés quand ils iront à l’extérieur pour poursuivre les études”, plaide-t-il.

L’évolution technologique est en marche dans les établissements secondaires dont la quasi-totalité ont été équipés de centres multimédia par le ministère de l’Éducation nationale en collaboration avec le ministère en charge des TIC, la compagnie suisse télécommunication (Swisscom) à travers le projet “Internet à l’école”. Les lycées Mahamane Alassane Haïdara de Tombouctou, Hamadoun Dicko de Sévaré, Bouillagui Fadiga sont parmi les tout premiers à bénéficier des équipements.

“Internet à l’école” fait aussi son entrée dans le cycle fondamental. Un cyberespace de 10 ordinateurs est fonctionnel au groupe scolaire Robert Cissé de Mopti. Il y a aussi le centre multimédia du groupe scolaire Mamadou Konaté qui vient récemment d’être inauguré. “Pour nous, ce centre est plus qu’une bibliothèque, c’est une mémoire vivante”, souligne un élève de 9è année à Mamadou Konaté. Fruit du partenariat entre le ministère en charge des TIC à travers l’Agetic, le ministère de l’Éducation,
la République et le Canton de Genève et
la CNUCED, ce centre s’inscrit dans le cadre d’un projet dont l’objectif ultime est de doter de “cyber-Edu” dix groupes scolaires et trois instituts de formations des maîtres de Bamako et des régions de Sikasso et Mopti.

Chaque groupe scolaire et chaque IFM bénéficiaire recevra un serveur passerelle, 15 à 30 ordinateurs à écrans plats, mis en réseau et connectés à l’Internet haut débit par
la Sotelma et l’Agetic, a indiqué le directeur général de l’Agence des technologies de l’information et de la communication, Sidaly Moulaye Haïdara. À ce matériel s’ajoutent une imprimante laser en réseau, un onduleur de 3 kva, un scanner, un appareil photo, a expliqué notre interlocuteur.

Au niveau supérieur, les technologies de l’information et de la communication sont une réalité depuis quelques années. Grâce au campus numérique de la francophonie et au projet de l’Université numérique francophone mondiale (UNFM) de notre compatriote Cheick Modibo Keita, les étudiants ont accès à la technologie de pointe pour des recherches et même pour suivre des cours dispensés dans les grandes universités américaines et européennes. À la faculté des lettres, arts et sciences humaines (Flash), la salle informatique n’est pas encore fonctionnelle même si les équipements sont là. Salif Berthé, le vice-doyen explique que la mise en service est entravée par les frais de la connexion qui se chiffrent à 500 000 Fcfa par mois. “Nous ne sommes pas en mesure d’assurer cette charge récurrente”, souligne Salif Berthé qui n’a pas encore la solution à ce problème.

Be COULIBALYet B. TOURÉ   

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L’enseignement à distance : LE SAVOIR TOMBE DU CIEL

Des étudiants maliens suivent en temps réel les cours de grandes universités européennes et américaines. A partir des salles de classe à Bamako  

Le manque d’enseignant de qualité et en nombre suffisant est un problème commun à l’éducation en Afrique. Pour combler cette lacune, les technologies de l’information et de la communication offre une solution idoine. Tout en restant chez eux, les étudiants africains peuvent suivre de cours dispensés dans les grandes universités de par le monde. Ce genre d’enseignement, appelé enseignement à distance, a pour avantage de favoriser le transfert de compétente et de savoir entre pays du Nord et ceux du Sud mais également entre pays du Sud.

55 centres à travers l’Afrique. C’est dans cet esprit et sur l’initiative de notre compatriote et navigateur interplanétaire, Cheick Modibo Diarra qu’a été créée en 1997 l’Université virtuelle africaine (UVA) avec le soutient de
la Banque mondiale et du gouvernement canadien. Organisation non gouvernementale, l’UVA dont le siège est à Nairobi au Kenya dispose de nos jours de 55 centres à travers l’Afrique. Le centre de Bamako appelé centre d’enseignement de l’Université virtuelle africaine de Bamako a vu le jour en septembre 2004 grâce aux efforts des hautes autorités scolaires.

L’engouement vers l’enseignement à distance devient de plus en plus forte dans notre pays. Le centre d’enseignement de l’Université virtuelle africaine de Bamako et l’Université numérique francophone mondiale (UNFM) installés dans les locaux de l’école nationale d’ingénieurs (ENI)en sont une bonne illustration.

 Une salle équipée de matériels informatiques, des jeunes gens portant des écouteurs à l’oreille et pianotant sur le clavier des ordinateurs… Devant eux, se dresse un écran géant sur lequel paraient alternativement des écritures et des images… Nous sommes dans la salle de cours du CEUVA de Bamako, située au troisième étage.

C’est ici que les étudiants suivent depuis l’université de Laval au Canada des cours théoriques en même temps que leurs camarades de 8 pays francophones d’Afrique. Ils sont pour cette première promotion 29 étudiants ont 4 filles retenus par les responsables de l’université de Laval suite à une sélection de dossiers. 35 étudiants des séries scientifiques avaient été soumis à cette épreuve.

Pour cette première promotion, le CEUVA de Bamako propose un programme de formation en génie informatique. Le choix de ce programme est de doter notre pays d’une masse critique d’informaticiens capables de répondre aux besoins des utilisateurs. Il s’agit de former des spécialistes en programmation et en création de logiciels. Dans ces domaines, la demande est assez forte sur le marché de l’emploi, a expliqué le chargé de formation, Ibrahima Issa Sidibé. Outre la formation en génie informatique dont la durée est de quatre ans et sanctionnée par un diplôme de l’université de Laval, le CEUVA de Bamako offre aussi des formations de courte durée en anglais et en informatique qui se terminent par des attestations.

300.000 Fcfa par an. L’avantage de l’enseignement à distance est qu’il permet de réduire le coût de la formation tout en offrant aux étudiants une formation de qualité. Le coût de la formation est relativement moins cher. Car les étudiants maliens payent 300.000 Fcfa par an alors que le coût réel de la formation varie entre 8 à 12 millions de Fcfa, a expliqué le directeur du centre Dogo Moussa Koné.

L’enseignement à distance est aussi une réponse aux effectifs pléthoriques car plusieurs centaines d’étudiants peuvent suivre en temps réel le même cours sans être regroupés dans la même salle. “Il suffit que les installations de transmission soient mises en place pour que le maximum d’étudiants profitent d’un cours dispensé en dehors du continent par un enseignant de haut niveau. En plus, le cours est interactif”, a expliqué notre interlocuteur.

Bargo Boureïma et Serge Lankoande sont des étudiants en génie informatique du centre CEUVA de Ouagadougou. Pour eux, l’enseignement à distance est un atout pour les jeunes africains. “Nous recevons les mêmes cours que les étudiants de l’Université de Laval, c’est merveilleux. Et à la fin de notre formation, c’est le même diplôme alors que nous sommes chez nous. Les cours sont de qualité et nous discutons en temps réel avec les professeurs. Un autre avantage est que nous pouvons réécouter les cours qui sont toujours téléchargés sur les PC”, se réjouissent les étudiants burkinabé.

Aïssata Traoré et Alioune Badra Soumaré du CEUVA de Bamako partagent l’avis de leurs camarades burkinabé. “L’enseignement à distance nous permet d’étudier dans les grandes Universités sans faire de déplacement. Le monde nous est ouvert et nous pouvons discuter avec d’autres étudiants étrangers. C’est vraiment un enseignement de qualité”, se réjouissent-ils. 

Priorités santé et éducation. L’Université numérique francophone mondiale (UNFM), fondée en 2005 par Cheick Modibo Diarra celui-là même qui fut à l’origine de l’UVA, est un autre centre d’enseignement à distance abrité par l’École nationale d’ingénieurs (ENI). Fruit du partenariat entre Pathfinder, l’Université Senghor d’Alexandrie et le Fonds pour l’innovation politique, l’UNFM propose des cours magistraux des universités françaises, canadiennes, belges et suisses.

La liaison est effectuée grâce à des bornes satellitaires et des V-Sat sur les sites des universités numériques situés en Afrique. Les programmes offerts portent sur la santé et l’éducation qui sont des domaines prioritaires sur notre continent. Les étudiants assistent en direct aux cours sur des écrans géants et discutent avec les professeurs en temps réel.

Le centre de Bamako qui est à sa première promotion compte 13 agents professionnels de la santé. Au départ le centre était en essai et la formation portait sur un stage. Mais les résultats ayant été concluants, il a décidé d’en faire une formation diplomante qui durera 2 ans. “L’enseignement à distance de l’Unfm nous permet de faire une formation continue, de nous recycler afin d’apporter un plus à nos prestations de soins”, a soutenu Broulaye Yossi, infirmier de son état. Son camarade Fatoumata Traoré est du même avis. Pour elle, l’enseignement à distance est une innovation qui permet aux apprenants d’être en phase avec les réalités grâce à la qualité de l’enseignement.

Pour l’année scolaire 2005-2006, les modules de formation ont porté sur les décisions de soins et d’alerte, la vaccinologie, le VIH/Sida, etc. Pour la prochaine rentrée, d’autres programmes comme les relations entre territoire et santé, la protection de l’environnement, les sciences de l’ingénierie et l’informatique verront le jour, nous a confié Kalilou Sidibé, maître assistant à l’ENI.

Be COULIBALY 

 

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