Internet dans les communes : RÉDUIRE LA FRACTURE NUMÉRIQUE INTERNE

Des localités reculées bénéficient de la connexion, leur permettant de s’ouvrir au reste du pays et au monde entier

Les nouvelles technologies de l’information et de la communication sont devenues un élément incontournable dans la marche du monde. Jour après jour, elles gagnent du terrain grâce au flux intarissable d’informations et de connaissances qu’elles véhiculent sur tous les domaines de la vie sociale. Elles nous offrent la commodité dans le travail, à travers Internet et autres, à telle enseigne qu’on ne peut plus imaginer un monde sans elles.
Dans les pays pauvres comme le nôtre, les nouvelles technologies de l’information et de la communication sont perçues comme un accélérateur de développement. Elles ouvrent notre pays au monde et constituent aussi un instrument de lutte contre la pauvreté. Raison pour laquelle la politique nationale et le plan stratégique national des TIC qui vient d’être restitués, accordent une attention particulière à la popularisation de leur accès.
Cette vision est largement partagée par les partenaires de notre pays comme l’USAID qui, il y a trois ans, a initié le projet Centres locaux d’information et de communication (Clic).
Le projet Clic dont la mise en oeuvre est confiée à Afriklinks a pour objectif de mettre à disposition des communautés maliennes mal desservies des points d’accès aux technologies. Cela pour leur permettre d’améliorer leur cadre de vie à travers les informations relatives à tous les secteurs de développement. Il s’agit notamment de la santé, de l’éducation, de la gouvernance démocratique, de la croissance économique durable et de la communication pour le développement.

13 localités connectées. À l’issue de la première phase du projet qui a porté sur la période 2003-2005, 13 localités de notre pays ont été dotées de centres locaux d’information et de communication qui constituent de véritables centres multimédias. Les localités concernés sont Kadiolo, Bougouni, Ouélessébougou, Safe Bougoula, Bamako, Kangaba, Ségou, Macina, Djenné, Mopti, Badiangara, Gao et Kidal.
Chaque centre dispose, en plus des ordinateurs et des imprimantes, un kit vidéo équipé magnétoscope et d’un lecteur DV pour faire visionner les contenus, explique Mme Fofana Aminata Maïga, coordinatrice de Afriklinks. Aussi pour répondre aux besoins des populations, tous les centres ont été équipés de photocopieuses et de logiciels qui leur permettent de faire des cartes de visite, de mariage, de voeux, d’identité scolaire, ainsi que d’autres documents tels les dépliants, les calendriers et autres, nous précise Mme Fofana, expliquant que l’installation et l’équipement de ces centres a été entièrement prise en charge par l’USAID.
Ces centres locaux d’information et de communication offrent l’occasion aux populations locales des possibilités de se former en informatique, d’avoir accès à l’Internet pour des besoins de recherche ou de rester en contact avec leurs correspondants.
Pour assurer la pérennité des centres, ils sont gérés par des comités consultatifs qui ont été installés dans toutes les localités. Ces comités consultatifs supervisent les gestionnaires quotidiens des centres qui, avec le retrait de l’USAID de la subvention, sont payés à partir des recettes générées par le centre.
C’est le cas du centre de Djenné que nous avons visité. Depuis deux ans, ce centre est l’unique qui fonctionne dans la ville. À notre passage aux environs de 22 heures, touristes et autochtones se bousculaient autour de la dizaine de machines. Ici, une heure de connexion vaut 1500 Fcfa. Le centre fournit aussi d’autres services comme la photocopie, la formation et bien d’autres services.
Aleïda Thiocary, le secrétaire général de la commune rurale de Niansanarie est l’une des personnes que nous avons trouvées sur place. Pour lui, le centre local d’information et de communication de Djenné joue un rôle important dans le cercle. “Le centre nous facilite la saisie des documents aussi bien dans le montage des projets que dans d’autres services. C’est vraiment merveilleux”, s’est réjoui notre interlocuteur qui a souhaité l’extension de la salle et la multiplication des machines pour éviter les longues files d’attente.

Contacts avec le monde extérieur. Mamadou Sidibé est membre du conseil de cercle de Djenné et un fidèle utilisateur de l’Internet. “Ce centre m’a permis de renforcer mes connaissances et d’être en contacts avec le monde extérieur. À partir de ce centre, je contacte mes amis à l’étranger. Il m’a facilité le travail et je souhaite qu’il y ait plus d’ordinateurs afin que le centre puisse répondre à nos besoins”, a-t-il souhaité. Pour permettre aux enfants d’accéder aux TIC, le centre a ouvert un espace pour eux, nous a indiqué le gérant.
Cependant tout n’est pas rose dans ce centre comme dans beaucoup d’autres depuis que l’USAID a suspendu sa subvention. “Depuis près de deux ans, c’est les recettes du centre qui assurent la prise en charge des dépenses. Ce n’est pas facile car la connexion coûte très cher. Nous devons payer 220.000 Fcfa par mois pour la connexion sans compter les factures du téléphone et de l’électricité, les salaires, la maintenance et la réparation des machines qui tombent en panne”, explique Levy Dougnon, président du comité consultatif du centre local d’information de Djenné.
Le centre local d’information et de communication de Daoudagougou en commune VI est parmi les points Internet les plus fréquentés du quartier. À notre passage dans ce centre la dizaine de machines étaient toutes occupées. “Nous sommes très contents de la création de ce centre qui au delà de l’accès à Internet offre des programmes de formation”, se réjouit un élève.
Le projet Clic constitue un appoint aux efforts du gouvernement qui a entrepris, à travers le ministère de la Communication et des Nouvelles Technologies, un vaste projet visant la connexion des 703 communes de notre pays en plusieurs phases. Ce projet vise à connecter les communes les communes en augmentant les points d’accès à l’Internet à vulgariser les technologies de l’information et de la communication dans les communes. Ces efforts contribueront à réduire la fracture numérique interne du pays et à favoriser l’accès universel. Ouélessébougou, Kati et la commune VI de Bamako ont bénéficié de la mise en oeuvre d’un projet test de connexion réalisé en 2004 avec l’assistance financière de l’Union internationale des télécommunications (UIT). L’Association des municipalités du Mali (AMM) a équipé les capitales régionales et cinq cercles dans le cadre de son projet de création des centres de ressources pour l’information et la communication dans les communes.
Be COULIBALY

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