Ils sont de plus en plus nombreux à offrir ce service, malgré les difficultés à le rentabiliser
À moins d’avoir une ligne spécialisée (autre que la ligne téléphonique), vous ne pouvez pas vous connecter directement à Internet par votre ligne de téléphone. Pour ce faire, vous avez recours aux fournisseurs d’accès à Internet (FAI). On les appelle aussi les provider, mot provenant de l’appellation anglaise “Internet Service Provider” (ISP). Ils offrent un service payant qui vous permet de vous connecter à Internet.
Le fournisseur d’accès à Internet est un intermédiaire qui utilise des lignes spécialisées pour accéder à la toile mondiale. Un numéro est attribué au client. En composant ce numéro, il peut se connecter à Internet par la biais d’un modem.
Lorsque vous vous connectez à Internet par l’intermédiaire de votre fournisseur d’accès, il s’établit une communication entre vous et le FAI grâce un protocole simple : le Point to Point Protocol (PPP). Ce protocole permet d’établir la communication entre deux ordinateurs distants sans que ceux-ci ne possèdent d’adresse IP. La connexion par l’intermédiaire d’un fournisseur d’accès à Internet permet de parer à l’absence d’adresse IP dans l’ordinateur de l’usager.
L’adresse IP est la condition nécessaire pour se connecter à Internet car le protocole utilisé sur la toile mondiale est le protocole TCP/IP qui permet de faire communiquer un nombre très important d’ordinateurs repérés par ces adresses. La communication entre le client et le fournisseur d’accès selon le protocole PPP se caractérise par l’appel téléphonique, l’initialisation de la communication, la vérification du nom d’utilisateur, la vérification du mot de passe.
L’adresse IP, clé d’accès. Quand vous passez un contrat de connexion avec un fournisseur d’accès à Internet, celui-ci vous prête une adresse IP que vous garderez pendant toute la durée de la connexion à Internet. Le client ne conserve pas toujours la même adresse IP. Pour une nouvelle connexion, le fournisseur d’accès vous donnera une autre adresse libre. En fait, un fournisseur d’accès à Internet dispose de plusieurs adresses IP. Selon ses capacités, un fournisseur d’accès à Internet peut posséder plusieurs centaines de milliers d’adresses IP libres. Votre connexion est donc une connexion par procuration car c’est votre fournisseur d’accès qui envoie toutes les requêtes que vous faites. Et c’est lui qui reçoit les pages que vous demandez et qui vous les réexpédie.
C’est pour ces raisons par exemple que lorsque vous possédez un accès à Internet par un fournisseur d’accès, il vous faut à chaque connexion retirer votre courrier, car c’est généralement lui qui reçoit votre courrier stocké sur un de ses serveurs.
Dans notre pays, on compte actuellement plus d’une vingtaine de fournisseurs d’accès à Internet. La Sotelma, l’opérateur historique de téléphonie, est aussi la première société qui fournit l’accès à Internet dans notre pays. C’est elle qui détient le nœud Internet malien connecté au réseau mondial depuis décembre 1996.
Le nœud national offre l’accès à Internet par l’intermédiaire d’une antenne VSAT orientée en direction des États-Unis et permettant à la société de gérer le nom de domaine .ml du Mali. Il fournit depuis 1997 des liaisons spécialisées à 64 Mbits aux prestataires de services Internet de la place. Présentement, la Sotelma annonce un débit de 155 Mbits sur une liaison partagée entre 8 pays de la sous-région ouest-africaine, nous a indiqué son chef de service international et de l’interconnexion, Oumar Tangara.
Les fournisseurs d’accès doivent recevoir de la Sotelma un agrément d’exploitation de la connexion Internet par liaison spécialisée. Mais certaines entreprises peuvent accéder directement à Internet sans passer par la Sotelma grâce à des antennes VSAT qui permettent d’établir des liaisons satellites. Cette pratique a exacerbé la fraude dans le secteur et influe négativement sur la Sotelma qui doit faire face aux charges d’entretien du noeud national et autres installations, a expliqué notre interlocuteur.
Une vingtaine de FAI. Afribone avec ses 18 Mgbits est l’un des premiers fournisseurs d’accès à Internet. Elle a obtenu l’autorisation en 1999. Ici, comme chez les autres ISP, la connexion Internet fournit les services notamment le courrier électronique, le transfert de fichiers, l’accès aux différentes banques de données, le World Wide Web, les forums, les canaux IRC, entre autres.
“Il est difficile de parler de fraude dans le secteur. Car la donne a changé avec l’arrivée de Orange Mali et l’avènement du VSAT”, soutient un responsable d’un autre fournisseur d’accès à Internet qui a préféré gardé l’anonymat. Il reconnaît que avant la création du Centre de régulation des télécommunications (CRT), les fournisseurs d’accès à Internet devaient passer par la Sotelma. “Maintenant les voies d’accès ont été diversifiées avec l’arrivée de Orange Mali. Les autres entreprises peuvent fournir l’accès à Internet à travers divers moyens à condition d’obtenir l’autorisation auprès du CRT qui est chargé de la réglementation et de l’arbitrage du secteur”, a expliqué notre interlocuteur.
Le problème crucial que rencontre les FAI est la cherté du coût de connexion qui est de 3 millions de Fcfa pour un Mgbit dans notre pays. “C’est à cause du coût élevé de la connexion que les entreprises utilisent divers moyens (souvent illégaux) pour fournir Internet de façon à rentabiliser le service et à réduire l’investissement”, nous confie notre interlocuteur qui constate que l’utilisation de la voix sur IP par les certains FAI est aussi un phénomène de plus en plus courant. “Cela est de nature à porter préjudice aux autres ISP car seuls les opérateurs de téléphonie sont habilités à faire la voix”, nous a indiqué notre interlocuteur.
Pour s’installer dans notre pays, les FAI font d’abord une déclaration au CRT qui leur délivre une autorisation contre le paiement de 9000 Fcfa. Selon Kassoum Konaté du service “Réseaux opérateurs”, les ISP offrent Internet soit par des branchements en commun accord avec l’un des opérateurs global de téléphonie soit par liaison spécialisée. Dans le deuxième cas, l’entreprise paie annuellement au CRT 2,9 millions de Fcfa.
Be COULIBALY