Recyclage du matériel informatique : LA SECONDE VIE DES MACHINES

Au lieu de jeter votre vieux PC au rebut, vous pouvez le réutiliser à d’autres fins en remplaçant simplement certains de ses composants

Depuis quelques années, vous gardez votre ancien matériel informatique, défectueux. Vous avez acheté un nouvel ordinateur. La vieille machine continue d’encombrer votre maison. Que faire de cet ancien PC trop obsolète pour être donné ou vendu, ou simplement hors d’usage ? Se débarrasser de lui de manière écologique relève du casse-tête.
Votre imprimante multifonctions vient aussi de tomber en panne ! Panne qui vous coûtera plus cher à réparer que l’achat d’un modèle neuf… Tous ces appareils vont finir à la décharge.
Le matériel informatique est devenu un produit de consommation comme un autre, mais cela ne va pas sans conséquences pour l’environnement. Voilà qui justifie le bien-fondé du reconditionnement ou du recyclage du matériel informatique. Au delà qu’il contribue à protéger notre environnement, le recyclage est aussi un moyen pour faciliter l’accès de nos populations aux matériels informatiques à moindre coût.
Le recyclage ou encore le réemploi désignent des interventions qui conduisent à la réutilisation totale ou partielle des constituants des appareils. Ce travail procède généralement au renouvellement des composants permettant la modification des performances de l’appareil. Le réemploi désigne davantage une opération de remise en état sans modification des performances.
Dans notre pays, le recyclage du matériel informatique connaît de plus en plus un intérêt auprès des jeunes. Mieux, les informaticiens ont investi le domaine et beaucoup d’entre eux tirent bien leur épingle du jeu au grand bonheur des consommateurs.

Donner une autre vie à la machine. S. Diallo est un jeune ingénieur informaticien et revendeur d’ordinateurs de seconde main. En plus, il fait le recyclage des ordinateurs. “Ce sont deux activités difficilement dissociables. Car il y a toujours quelque chose à ajouter ou à réparer dans un ordinateur de seconde main”, explique notre interlocuteur. “Le recyclage nous permet d’ajouter notre touche à un appareil pour lui permettre de répondre aux exigences de nos clients”, indique-t-il. Le réemploi d’un ordinateur concerne tous ses éléments essentiels. Il s’agit notamment du disque dur, du clavier, du moniteur, de la souris, des touches, du scanner, du lecteur CD, DVD, du fichier, du logiciel, bref tout ce qui est changeable pour rendre la machine opérationnelle et efficace, explique Diallo. “Nous changeons tous les éléments usés qui sont remplaçables afin de donner une autre vie à la machine”, souligne notre interlocuteur pour qui le recyclage du matériel informatique est moyen efficace de contribuer à l’accès de nos populations à l’outil informatique et de réduire la facture numérique entre les pays du Nord et ceux du Sud. “Les matériels informatiques usés constituent des déchets et peuvent engendrer des problèmes environnementaux à cause de leur forte contenance en produits chimiques. Le recyclage est un moyen pour atténuer les risques environnementaux liés à ces produits”, soutient notre interlocuteur.
Adama Camara est un autre jeune informaticien diplômé d’une grande école de la place. Il fait le recyclage du matériel informatique depuis quatre ans. Pour lui, le recyclage permet de récupérer et de remettre à neuf du matériel informatique. “C’est un travail très utile qui consiste à revaloriser le matériel et à lutter contre le gaspillage. “Un ordinateur ne vieillit. Car chaque fois que vous remplacer les éléments usés par du neuf votre appareil reprend vie”, explique Camara pour qui le réemploi du matériel informatique est aussi une action qui s’inscrit dans une démarche de développement durable et de ce fait il doit être encouragé par les pouvoirs publics.
Notre interlocuteur entend mettre en place une structure spécialisée dans la collecte, le recyclage et le réemploi de déchets d’équipements informatiques, électriques et électroniques. “Nos actions serons dirigées vers du matériel informatique pour équiper des écoles, des hôpitaux, des stations de radio, des centres culturels”, indique Adama Camara.
Salif Diarra est spécialisé dans le recyclage du matériel PC à partir du pentium 3 en état de marche, des écrans 17, des imprimantes et les lasers. “C’est un métier qui nécessite une connaissante approfondie de l’outil informatique. Le recyclage ne s’apprend pas sur le tas car souvent il faut entièrement reprendre le système de certains appareils”, explique Diarra.
Quant à M.Traoré, il dirige un GIE spécialisé dans la vente du matériel de seconde main, des accessoires neufs. Son GIE fait du service après vente, de la maintenance et de la location de matériel informatique. “Nous sommes cinq personnes, tous des jeunes diplômés. Nous faisons le recyclage de matériels informatiques depuis deux ans”, explique notre interlocuteur qui ajoute : “c’est un travail assez difficile même pour les connaisseurs des machines. Nous faisons la formation continue pour s’adapter à l’évolution des appareils et répondre aux exigences des clients”.
Le matériel recyclé se vend bon marché et les clients ne sont pas que des particuliers. Les prix varient entre 35.000 Fcfa et 100.000 Fcfa pour un ordinateur. “Il y en a pour toutes les bourses et cela dépend de la nature de la réparation et de l’état de la machine”, révèle Traoré. “Un ordinateur recyclé peut avoir la même capacité et le même rendement qu’un ordinateur neuf. Car ce qui est important chez une machine est le résultat que l’on veut obtenir d’un travail”, ajoute-t-il. Le GIE de Traoré vend chaque année plusieurs dizaines d’ordinateurs. “C’est une approche très importante pour les populations des pays pauvres qui ont difficilement accès au matériel informatique neuf”, estime-t-il.
A. T. travaille, lui, dans une société spécialisée dans la vente du matériel informatique neuf. Pour lui, le recyclage peut être une approche efficace dans la réduction de la facture numérique entre le Nord et le Sud. “C’est une bonne chose cependant il faut faire attention pour ne pas être en déphasage avec l’évolution de la technologie”, soutient notre interlocuteur. Il ajoute : “nous devons avoir des professionnels qualifiés pour faire le travail afin d’éviter que notre pays soit une poubelle pour les déchets informatiques de tout bord”, prévient-il.
Be COULIBALY

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