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Téléphonie mobile :LA BONNE AFFAIRE DES VENDEURS DE CARTES DE RECHARGE

Cette activité en plein essor avec le boom du mobile occupe un pan entier de la jeunesse

L’avènement de la téléphonie mobile a eu comme avantage l’émergence d’une nouvelle gamme d’activités pour le bonheur des jeunes. La vente, à la criée des cartes de recharges aux différents carrefours du District de Bamako, n’est que le sommet de l’iceberg.
Plusieurs milliers de jeunes ont embrassé ces nouveaux petits métiers. Et tous les jours le nombre des vendeurs de cartes de recharge grossit à mesure que le réseau téléphonique s’étend dans notre pays. Le monde des vendeurs de cartes de recharge est complexe. Les affaires sont brassées par des masters qui sont les grossistes du créneau. Les demi-grossistes occupent le milieu d’une échelle dont la bas gouille de vendeurs ambulants.
Mamadou Traoré fait partie des milliers de jeunes vendeurs ambulants qui arpentent les voies de la capitale jour et nuit. Les vendeurs ambulants ont choisi principalement les grands artères ou les abords des feux tricolores pour proposer les cartes de à des clients de passage. Toute la journée, le jeune Traoré se faufile entre les voitures et les engins à deux roues.

RECONVERTI : Depuis deux ans, notre interlocuteur exerce ce métier qui lui fait gagner sa vie. Aujourd’hui il est devenu financièrement indépendant. Il a débuté avec le pécule collecté quand il cirait des chaussures. « C’est un métier qui me plaît beaucoup. Depuis que j’ai commencé à vendre les cartes recharge, je gagne bien va vie » nous confie t-il.
Très à l’aise dans son job, Mamadou nourrit un rêve. Il se fonde sur son gain journalier pour le concrétiser. “Je peux vendre entre 10000 et 30000 F cfa de cartes par jour. Je gagne entre de 75 et 1000 F cfa sur la carte” indique notre interlocuteur. Il explique que les cartes les plus chères rapportent un gain plus substantiel. Le jeune Mamadou est fourni par le vendeur ambulant Aly Kelly, dont la capacité financière est plus élevée.
Aly Kelly est venu de son Mopti natal pour faire fortune à Bamako. Kelly s’était d’abord lancé dans la vente d’articles divers. Le boom des portables lui a ouvert des perspectives heureuses dans le commerce des cartes de recharge. Aujourd’hui l’homme y trouve son compte. Il écoule en moyenne 50000 Fcfa de cartes de recharge par jour. Il en tire un gain journalier de 1000 à 15000 F cfa. Le dynamique Kelly approvisionne une trentaine de jeunes vendeurs à travers la capitale. Il nous a dévoilé son programme de travail journalier.« Lorsque je me réveille le matin, je commence par faire le tour des sites occupés par mes revendeurs. Je renouvelle les stocks avant de rejoindre mon point de vente». Il précise que le payement se fait cash pour éviter d’éventuels malentendus. “Nous évitons les endettements car c’est une activité qui comporte certains risques comme la mévente” explique notre interlocuteur.

SIGNE DE RALENTISSEMENT : Les masters sont au -dessus de la chaîne de vente des cartes de recharge. Ils sont les détenteurs des contrats directs avec les sociétés de téléphonie mobile. A la différence des autres éléments de la chaîne, ils achètent directement les produits avec des sociétés comme la SDF Telecom de Abdoulaye Konaté, qui emploie une dizaine de personnes. Elles sont une vingtaine à travers le pays. Les masters ont un pouvoir d’achat minimum de 10 millions Fcfa.
Les masters ne sont pas directement impliqués dans la fabrication des cartes. Cependant, elles signent un contrat exclusif avec les opérateurs de téléphonie. Il leur est interdit de vendre les produits des sociétés concurrentes dans le même kiosque. Pour respecter cette clause la SDF Télécom a installé un kiosque pour Orange Mali et un autre pour la Sotelma-Malitel.
Les cartes de recharges sont cédées avec une remise de 10% aux masters. Ce dernier à son tour accorde une remise de 7% aux grossistes a expliqué Abdoulaye Konaté. Il a ajouté que les bénéfices sur les cartes de recharge ont considérablement baissé parce que les masters sont devenus plus nombreux dans le secteur informel. Au début Orange Mali donnait les cartes avec 20% de remise. La multiplication des entreprises a obligé l’opérateur à revoir ce taux à la baisse. Concurrence oblige. La rivale Sotelma-Malitel a suivi le mouvement. SDF Télécom existe dans une dizaine de localités à travers le pays et les responsables de la société entendent l’étendre encore.
La société Somakof est un autre master. Elle distribue des cartes de recharge dans une cinquantaine de localités autour de Bamako et dans les régions de Kayes et Mopti. Elle développe des stratégies de marketing afin de fidéliser ses clients. L’entreprise bénéficie d’une remise de 10% à l’achat avec l’opérateur Orange. Elle accorde à son tour une remise de 7% aux demi-grossistes qui enlèvent un stock inférieur à 250.000 f cf. Au-dessus de ce montant, la remise est de 8%. Les achats de 2 à 3 millions donnent droit à une remise de 9%.
Il semble que le marché commence à se tasser. La vente de cartes est moins rentable de nos jours, selon un responsable de master. Notre interlocuteur qui a souhaité gardé l’anonymat accuse les entreprises évoluant dans l’informel, qui envahissent de plus en plus le marché. “Elles cèdent les produits à des prix défiant toute concurrence, car elles n’ont aucune charge fiscale” a indiqué notre interlocuteur. Cet homme dénonce le coût élevé de l’acheminement des cartes dans les localités souvent très éloignées. Il souhaite l’assainissement du secteur.
Les demi-grossistes eux aussi sont d’avis avec les masters. Ils ont un pouvoir d’achat compris entre 200 000 Fcfa et 9 millions de f cfa. Mamadou Diarra est demi-grossiste depuis près quatre ans. Il estime que les bénéfices sur les cartes de recharges sont faibles par rapport à l’investissement initial. Le commerçant révèle qu’un stock de 200000 Fcfa de cartes de recharge rapporte moins de 25000 Fcfa. Les demi-grossistes recherchent alors le master qui offre un gros pourcentage sur les achats. “Nous payons chez le master le mieux disant” conclut notre interlocuteur.
Be COULIBALY

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